Il tutoie les stars américaines


Jean-Robert Barbette

a quitté Beaufays pour Aspen,
oú il ouvert un centre de fitness.
Il y entraîne les stars d’Hollywood


je n’ai pas oublié d’oû je viens.
Par contre, le matériel informatique
sont du dernier cri.”

Avec le recul, le plus belge
des habitants d’ Aspen ne
s’imaginait pas en haut de l’affiche.

“Je suis arrivé plus loin que
mes rêves. d’ailleurs, je conseille à
tout le monde de continuer à rêver.”

Jean-Robert jouait les bad
boys lors de chaque soirée.

A peine dix - sept ans
it un avenir sombre s’annonce
pour lui. Voyant le ciel bouché
il décide de prendre son balu-
chon et de poser ses affaires
en France. Le début de la gran-
de aventure.


“J’avais très peu d’éduca-
tion, puisque j’ai arrêté l’ecole
à 14 ans. Je suis resté une di-
zaine d’années en France. J’y
ai exercé tous les métiers du
monde: serveur, maçon, sai-
sonnier lors des vendanges, et
même videur de boîte, vu mon
passé de judoka. Un jour, je
suis parti à Hawaï pour quinze
jours. Je suis resté là-bas deux
mois. Avant de retourner en
France, un copain qui habitait
Aspen, dans le Colorado, m’a
invité à passer quelques jours
chez lui. Le coup de foudre. La
neige, les montagnes, une ville
de fous.”
LE GRAND BOOM

En 1994, Jean-Robert trouve
un autre local.

“J’ai pourtant ramé, car il
m’a fallu emprunter beaucoup
d’argent - je n ’avais pas un
sou. Je me suis donc endetté
pour environ 1,5 million de
francs beiges. Durant un an et
Il y réside durant un an. Il vit
de leçons de ski et de l’impor-
tation de monoskis.

L’EUROPE, C’EST FINI

Rentré en France, il ne sup-
porte plus l’Europe, sa maniè-
re de vivre et de faire. Notre
homme repart donc aux States
avec 20.000 francs en poche
et sans connaître l’Anglais.
Mais, à peine a-t-il posé le pied
sur le sol américain que les en-
nuis commencent.

“En fait, l’immigration m’est
tombée dessus, car j’étais en-
tré la première fois aux USA
avec un permis touristique
français. Les contrôleurs ont
pris mon carnet d’adresse et
ils ont téléphone à tous les nu-
méros américans. Il se sont
alors aperçu que j’avais travail-


Rentré en France, il ne
supportait plus l’Europe,
sa manière de vivre
et de faire


lé illégalement. Après 7 heures
d’interrogatoire, ils m’ont sur-
veillé 24 h sur 24 avant de me
pousser dans un avion. J’étais
en fait éjecté pour deux ans du
terrioire U.S.”


Mais Jean-Robert voulait fai-
re carrière aux States, et ce
n’était pas un problème ad-
ministratif qui allait l’arrêter. Il
faisait valider son passeport...
beige, et trois semaines plus
tard il s’installait à Aspen. Son
rêve américain pouvait prendre
forme. Pendant deux ans. Il
exerce la fonction d’entraîneur
dans une salle. Il gagne 8 dol-
lars de l’heure (350 FB).

Un beau jour, il quitte les
lieux et devient, durant six
mois, entraîneur particulier iti-
nérant. Aspen lui manque. Il re
tourne finalement dans le Colo-
rado, où il loue 60 mètre carer
pour commencer son activité.

“Le premier mois, j’ai travail-
lé pour payer mon loyer. C’était
au début des années 90. Je
suis resté dans cette piéce hu-
mide où il n’y avait pas beau-
coup de lumiére durant 3 ans.
C’était un passage oblige pour
me faire connaître et être en
règle administrativement.”

demi, cela a bien fonctionné.
Puis le propriétaire des lieux
m’a signifié que si je voulais
continuer à louer, je devais
prendre les 400 metre carer
au lieu des 100 que j’occupais.
Je venais à peine de
rembourser mes dettes. Je suis
donc reparti pour un tour de
carrousel avec cette fois un
emprunt de 2,5 millions pour la
caution uniquement. L’espace
inoccupé, je le relouais.
Finalement, j’ai décidé qu’il me
fallait grandir, et j’ai cassé les
murs pour occuper la surface
total - dont coût: 8 millions.”

A force de construire brique
par brique, Jean-Robert a ac-
compli son rêve: devenir pro-
fesseur de sport. Il a entraîné
Emerson Fitipaldi, Michaël
Douglas, Johnny Depp, Cet
été, c’était au tour de Don
Johnson.

Et la success story ne fait
que commencer.

“Continuez à rêver!”

Alors qu’il a atteint un
certain standing de vie et
le top au niveau du fitness
aux USA, Jean Robert
Barbette
reste les pieds sur
terre. Une confession étonnan-
te pour quelqu’un qui se definit
lui - méme comme un leader.

Qualité de vie

Gagner de l’argent, c’est
bien, mais ce n’est pas un but
en soi. “Entraîner des stars,
cela paye le loyer, mais c’est
entraîner les jeunes et les per-
sonnes de plus de 70 ans qui
me procure le plus de joie.
C’est une clientéle avec laquel-
le je m’associe. Je fais avant
tout un métier de prévention.”

Avec 37.000 heures de
cours, Jean-Robert est devenu
un des pontes dans son do-
maine. Malgré ses 38 ans, il a
un esprit visionnaire.

“Dans 10 ans? Jean-Robert
Gym existera toujours, mais
j’ entraînerai certainement
moins. Je me vois plutôt à la
téte d’une équipe. Pour moi, la
qualité de vie prévaut sur l’ar-
gent. J’adore m’entraîner 2 h
par jour, aller rouler, jouer hoc-
key... C’est pour cette raison
que je souhaiterais m’accorder
encore plus de temps: aller
skier 2 ou 3 heures au lieu
d’une, disputer deux rencontres
de hockey par semaine...
Mais il me faut à chaque
fois repasser par le bureau
pour voir si tout fonctionne
bien.”
“Je suis parti pour relever le
challenge, tenter un défi un peu
fou. Je me rends compte que
l’avantage d’ avoir de l’argent,
c’ est qu’ on peut en donner
pour aider autrui. D’ ailleurs,

Millionaire à 60 ans, c’est
pas son truc, assurément.



Jérome Jacot.


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